Deux siècles au service de la mémoire

Salle de lecture actuelle depuis 2002

Deux siècles d'histoire

Le département de la Haute-Saône n'avait que six ans...le 26 octobre 1796 (5 brumaire de l'an V de la République), une loi ordonne aux administrations centrales de département (il n'existait alors ni conseil général ni préfecture) de rassembler, dans le chef-lieu de département, tous les titres et papiers dépendant des dépôts appartenant à la République : c'est l'acte de naissance des archives départementales.

Installées d'abord dans l'ancien couvent des Ursulines de Vesoul, puis à partir du Second empire dans un bâtiment de la préfecture, les archives départementales de la Haute-Saône ont été transférées, en 1965, dans des bâtiments spécialement construits pour elles, situés rue Miroudot de Saint-Ferjeux.

Le 1er janvier 1986 les archives départementales sont devenues un service du conseil général.

En 1989, le conseil général décide de rénover et agrandir les archives départementales. Le nouveau bâtiment des archives a été inauguré en novembre 2002.

Le département dispose désormais d’un remarquable et très moderne service culturel, au service de la conservation de la mémoire du département et de sa diffusion.


La mémoire du département

A leur création, les archives départementales recueillent les archives des administrations et justices de l'Ancien Régime (subdélégations, bailliages, prévôtés, justices seigneuriales) et des communautés religieuses (abbaye de Luxeuil, de Lure, etc.), conservées depuis leur confiscation en 1790 aux chefs lieux de district .

Au cours des 19e et 20e siècles, malgré quelques destructions, pertes et vols opérées dans les années 1790 et en 1814-1815, ses collections se sont accru régulièrement des différents versements faits par les administrations, les tribunaux, les établissements scolaires, les hopitaux et par diverses autres voies : en 1839, les archives départementales de la Haute-Saône reçoivent leur part des archives de l'ancienne principauté de Montbéliard ; à partir de 1924, les communes sont autorisées à déposer leurs archives anciennes aux archives départementales ; depuis 1928 la même possibilité est offerte aux notaires...

Enfin, après la dernière guerre, le service des archives commence à recueillir des fonds privés, par don, achat ou dépôt : c'est ainsi que les archives du peintre Dagnan-Bouveret, élève de Gérôme, du général d'empire Guyot, du château de Ray-sur-Saône ou de la société des Houillères de Ronchamp sont entrées dans le patrimoine départemental.

Aujourd'hui, les archives conservées occupent environ 15 km de rayonnages, soit plusieurs millions de documents, dont le plus ancien a plus de mille ans et les plus récents seulement quelques années. Tous ces documents constituent la mémoire du département.


Détruire pour conserver

Cette mémoire continue de s'enrichir, chaque année, de tout ce que verse l'ensemble des administrations départementales et d'Etat de la Haute-Saône.

Il ne s'agit pas seulement de documents sur papier, de "vieux papiers", mais aussi de photographies, de cartes et plans, de dessins, de cartes postales, de films, de vidéos, de fichiers informatiques...car tous les documents, quelle que soit leur forme, sont des archives ; et ont vocation à terminer un jour leur existence aux archives départementales. Mais tous n'y jouiront pas d'une retraite paisible : l'archiviste, en effet, fait son choix au milieu de cette masse et en retient ce qui a un intérêt historique, et qui sera conservé indéfiniment, classé et inventorié. Le reste, en fait la majorité, sera détruit.

L'archiviste moderne détruit beaucoup, pour mieux conserver l'essentiel, ce qui contribuera à écrire l'histoire ou à défendre les droits des personnes et des administrations. Ainsi s'applique le principe de la loi révolutionnaire du 7 messidor an II (25 juin 1794), sorte de charte fondamentale des archivistes, selon lequel les archives doivent conserver toutes les pièces (...) nécessaires au maintien des propriétés nationales et particulières et les chartes et manuscrits qui appartiennent à l'histoire, aux sciences et aux arts, ou qui peuvent servir à l'instruction.


L'histoire à la portée de tous

Le travail des archives n'a qu'un seul but : mettre, après classement et inventaire, les documents recueillis à la disposition du public. La loi du 7 messidor an II disposait déjà que tout citoyen pourra demander, aux jours et heures qui seront fixés, communication des pièces (que les dépôts d'archives) renferment : elle leur sera donnée sans frais et sans déplacement, et avec toutes les précautions convenables de surveillance.

Ce principe vaut encore aujourd'hui. L'accès de la salle de lecture des archives départementales est libre : nul besoin de raison particulière pour venir y consulter les archives, la seule curiosité suffit !

Beaucoup de documents sont communicables à tous sans délai. Mais, en général, seuls ceux qui ont plus de trente ans peuvent être consultés librement ; la communication de certaines archives, touchant essentiellement à la vie privée des personnes, est même soumise à des délais beaucoup plus longs : avant l'expiration de ces délais, seuls ont accès aux documents les administrations qui les ont versés, et, bien entendu, les personnes concernées.

La consultation s'effectue sur place ; aucun prêt à l'extérieur n'est malheureusement possible, mais tout lecteur peut obtenir à titre onéreux la reproduction par photocopie ou photographie des documents qui l'intéressent, et qui peuvent être reproduits sans risque pour leur conservation.

Par les expositions qu'il organise, ou les fascicules pédagogiques qu'il publie, le service des archives départementales va également au devant de ceux qui ne fréquentent pas sa salle de lecture ; il s'adresse particulièrement aux publics scolaires, et collabore volontiers avec les professeurs qui souhaitent élaborer un projet pédagogique en relation avec les archives.

Sa bibliothèque historique, forte de 7000 ouvrages et 400 périodiques, complément indispensable des fonds d'archives, ainsi que ses collections de journaux (remontant souvent aux origines des titres : Est-Républicain depuis 1926, Presse de Gray depuis 1842...) sont aussi des sources d'information très riches, parfois surprenantes, pour les chercheurs et les curieux.

Les archives départementales conservent également les collections complètes, depuis l'origine, du Journal officiel, des recueils des arrêtes du préfet ou des délibérations du conseil général, ainsi que de nombreux autres documents administratifs permettant à chaque Haut-Saônois d'exercer son droit démocratique d'accès aux documents administratifs.

Conservatoire du patrimoine écrit, lieu de recherche et de diffusion historique, mais également centre de documentation administrative, les archives de la Haute-Saône, deux siècles après leur création, demeurent avant tout un service public, au service de tous.