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François Grillot_10num68

 Pistes pédagogiques

 

François Grillot, un officier dans la Première Guerre mondiale

François Grillot, né le 20 octobre 1868 à Sainte-Marie-en-Chanois, est incorporé au 102e Régiment d’Infanterie en mars 1887 suite à un engagement volontaire.  Dès juin 1899, il est promu Capitaine.

Il est décoré de la Légion d’Honneur par décret présidentiel du 10 juillet 1913, après avoir reçu un témoignage de satisfaction du Ministre de la Guerre, en juin 1908, pour son zèle.

 

 


François Grillot portant un masque à gaz_10num68

Le 9 septembre 1914, il est avec son régiment (42e RI) à Aspach-le-Bas. Il passe au 371e RI le 14 mai 1915. Il est fait prisonnier le 8 juillet 1917. Il ne sera rapatrié que le 12 octobre 1918. Sa fiche signalétique des services (ADHS, RM63-1888) est peu loquace quant à ses exploits durant ce conflit excepté 2 mentions de citations :

« Depuis le début de la guerre et particulièrement au cours des combats du Linge en août 1915 et ceux de Champagne en octobre 1915, a fait preuve d’un dévouement courageux constamment éclairé  par une haute notion du devoir. » (Citation du 10 février 1916)

« Excellent officier supérieur, a dirigé vigoureusement son Bataillon la 15 juin 1916 dans une attaque qui a arrêté le progrès de l’ennemi ; a pris part le 17 juin à une attaque qui a permis de récupérer et de tenir solidement le terrain disputé en ces deux circonstances ; a fait preuve de belle qualités militaires et a exercé sur les subordonnés un prestige qui les a conduits au succès. » (Citation du 14 août 1916)

 


Son parcours militaire, notamment au cours de ce conflit, est porté à notre connaissance de manière très enrichie grâce à la participation de ses descendants à « La Grande Collecte ». En effet, ceux-ci en nous confiant les écrits, les photographies… de François Grillot, nous  permettent de suivre le cheminement d’un officier au plus près de ses hommes :

 


les tranchées - 10num68

« 10 janvier 1915,

Alfred,

Toujours le mauvais temps, la pluie, la boue plaquée, juges ce que ce doit être quand on est resté 24h dans des tranchées étroites et les pieds dans l’eau. Chaudes affaires ces jours derniers… ai perdu deux de mes bons amis dont un, le Capitaine Touvet, enterré aujourd’hui. Balles dans la tête, c’est vite réglé et on ne sait pas d’où ça sort. Les marmites boches deviennent de plus en plus grosses… A part cela, rien de nouveau. »

 


septembre 1916 - 10num68

« 3 janvier 1917,

Mon commandant,

J’ai reçu votre lettre datée du 9 décembre, heureux de savoir que vous continuez à demeurer en bonne santé. Nous sommes toujours dans le même secteur et à la même place devant M… qui reçoit quotidiennement un nombre respectable de marmites, et pas des petites, de ces marmites qui font coucher une maison comme un château de cartes. Je viens d’y passer une huitaine et j’ai été heureux d’en sortir… jusqu’à ce que mon tour revienne prochainement. De jour en jour, ce coin devient plus malsain… à part cela rien de nouveau ici si ce n’est qu’on nous annonce enfin l’envoi de renforts importants ! Il est temps, surtout depuis qu’on parle de Mackensen (Maréchal allemand) dans nos parages. Au 242 pas grand changement à part la mort  -vous l’ai-je annoncé ? - du lieutenant Chavassus-Thiébaud que j’ai eu l’occasion de voir plusieurs fois. M… va toujours bien, il a eu chaud plusieurs fois également. Ce n’est plus l’Alsace à coup sûr !

 


declaration_sur_l'honneur

« 4 août 1917,

Bien chère Angèle,

Je viens de recevoir un mot d’Alfred m’apprenant la mauvaise nouvelle : la prise de notre cher François par les Boches, et ai un profond chagrin en pensant à votre ennui à tous… »

 


« 3 février 1919,

… Je suis complètement remis du séjour fait en Bochie et ai la grande chance de pouvoir jouir de la vie familiale dont j’ai été privé pendant de longs mois et bientôt le 3 avril prochain, je serai rendu à la vie civile. »

 

 


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